Je m’appelle Meriam Zeghal et je suis étudiante en quatrième année du programme Pharm. D. de l’Université d’Ottawa. Au printemps dernier, j’ai eu le privilège d’effectuer un stage exploratoire professionnel de six semaines auprès de l’Association nationale des organismes de réglementation de la pharmacie (ANORP), au sein du service Affaires professionnelles et réglementaires, permettant de découvrir une autre facette de la profession. Au cours de ce stage, j’ai acquis une compréhension plus large de la réglementation de la pharmacie qu’auparavant, ce qui m’a permis de tirer trois leçons importantes sur l’exercice de la pharmacie.
Leçon no 1 : Chaque décision repose sur une justification.
Certaines questions que je me posais personnellement, comme « Pourquoi ce médicament est-il offert derrière le comptoir? » ou « Pourquoi cette norme exige-t-elle cela? », étaient longtemps restées dans un coin de mon esprit tout au long de ma formation. Grâce à deux projets majeurs auxquels j’ai participé – une réunion du Comité consultatif national sur les annexes de médicaments (CCNAM) et la révision des documents modèles de l’ANORP destinés à ses membres quant à la préparation non stérile et stérile en pharmacie – j’ai commencé à trouver des réponses.
Pour la réunion du CCNAM, j’ai examiné la demande de classification du fabricant, effectué une recension de la littérature afin d’appuyer la prise de décision du comité et préparé une fiche d’application des facteurs de classification. Assister à la réunion elle-même a été particulièrement enrichissant, car j’ai pu constater directement à quel point le processus d’évaluation est structuré et comment tous les éléments s’articulent pour éclairer la décision finale de classification d’un médicament.
De même, la participation aux réunions du groupe de travail et avec un consultant externe visant à discuter des commentaires reçus sur les plus récentes versions des documents de préparation en pharmacie, ainsi que la recherche sur des sujets précis comme les tapis antifatigue et les stations de rinçage oculaire dans les environnements de préparation en pharmacie, m’ont permis de comprendre que chaque norme est élaborée à la suite d’un examen approfondi et de l’apport d’experts.
À travers ces deux projets, j’ai développé une meilleure compréhension du fait qu’aucune décision ni aucune norme n’est arbitraire : chacune repose sur une justification claire.
Leçon no 2 : La réglementation vise à soutenir une pratique sécuritaire, et non seulement à établir des règles.
Avant mon stage, je considérais souvent la réglementation comme un ensemble de règles à respecter. Cependant, mon expérience à l’ANORP a transformé cette perception. J’ai appris que la réglementation est rarement soit tout noir soit tout blanc. Il existe des nuances à prendre en compte, différents milieux de pratique à considérer et des situations où même la distinction entre un « devrait » et un « doit » peut avoir des répercussions importantes.
J’ai également compris que l’on apprécie souvent l’importance de la réglementation seulement lorsqu’elle est absente. Les règlements que nous suivons, les annexes auxquelles nous nous référons et les systèmes qui soutiennent l’exercice de la pharmacie sont souvent tenus pour acquis précisément parce qu’ils fonctionnent si bien. Cette expérience m’a fait réaliser à quel point nous sommes privilégiés d’exercer dans un pays où la sécurité des patients est soutenue par des systèmes réglementaires solides, façonnés par des organismes comme l’ANORP.
Leçon no 3 : Une grande partie du travail le plus important se fait en coulisses.
La leçon la plus marquante a sans doute été de constater à quel point la profession est soutenue par un travail qui demeure souvent invisible dans la pratique quotidienne. Mon travail consistait notamment à participer à des réunions de groupes de partage d’informations, à des tables rondes ainsi qu’à des discussions de comités. J’ai ainsi été constamment impressionnée par l’ampleur des échanges et de la collaboration qui ont lieu chaque jour entre les organismes de réglementation et les experts. Et lorsqu’aucune réunion n’était prévue à l’horaire, d’autres travaux tout aussi importants étaient en cours, comme répondre à des consultations d’organisations externes ou traiter les demandes de renseignements provenant des professionnels de la pharmacie et du public. Bien que l’exercice de la pharmacie puisse varier d’une juridiction à l’autre, il est évident qu’un engagement commun anime tous les acteurs : servir et protéger l’intérêt public grâce aux échanges facilités par l’ANORP.
À tout étudiant ou étudiante en pharmacie qui envisage un stage à l’ANORP, je le recommanderais sans hésitation. Avec son équipe accueillante et bienveillante, l’ANORP offre une expérience d’apprentissage véritablement précieuse qui favorise tant le développement professionnel que personnel.
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